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« A l'Everest, à 4 000 mètres, le plus important est la gestion des ressources et la capacité clinique. En fait, c’est pareil qu’ici ».

Ceci est le surprenant avis du Dr Íñigo SOTERAS et de M Xavier CARALT, chef de service et responsable d’infirmerie respectivement, du Service des Urgences de l’Hôpital de Cerdagne. En plus, ils participent, depuis quatre ans, en tant que directeur médical et directeur adjoint à la course Everest Trail Race (ETR). Leurs principales missions sont celles de fournir des conseils préalables à la course et de dispenser des soins pendant son déroulement.

L’ETR est une épreuve de six jours, en autosuffisance technique, avec une distance à parcourir de 164 kilomètres et 30 000 mètres de dénivelé cumulé. « Pareil que monter et descendre 15 fois le Puigmal, mais à 4 200 mètres d’altitude », ajoutent-ils.

Les deux professionnels, qui appartiennent à l’association Mountain Medicine, considèrent  que l’ETR est « l’épreuve la plus difficile possible en termes de soins médicaux ». L’hôpital le plus proche se trouve à une distance de 6 jours, il n’y a pas de routes et l’équipe médicale qui se compose de  trois personnes –complétée par le Dr. Xavier PIQUERAS, traumatologue de l’Hôpital de Granollers- doivent placer dans trois sacs-à-dos tout ce dont ils pourraient avoir besoin. Les participants subissent les entorses, les contusions et les surcharges habituelles, mais la combinaison d’altitude et de fatigue extrême crée des conditions qui font que les participants soient aussi victimes de problèmes gastro-intestinaux, respiratoires et de mal d’altitude. « Le plus grave que nous avons eu a été un œdème cérébral et un œdème pulmonaire dans des éditions précédentes », explique le Dr. SOTERAS. Cette année, aucune incidence en dehors de ce qui est habituel lors d’une épreuve de cette catégorie n’a eu lieu.  

La clé en soins de santé dans une épreuve sportive aussi extrême est la gestion des ressources « On apprend à prioriser et à déterminer les ressources nécessaires et réellement utiles  et à résoudre les problèmes sans les tests diagnostiques et le support dont on dispose dans un hôpital », assurent le Dr. SOTERAS et M. CARALT.

Les trois professionnels de santé de l’Everest Trail Race doivent avoir une grande capacité de résolution et être autonomes, étant donné qu’ils se tournent : un jour devant la course, l’autre à pied et le troisième en hélicoptère. Face à une urgence, M. CARALT, infirmier, peut être obligé à intervenir et s’il a la chance et trouve du réseau, devient  « les yeux du médecin » jusqu’à ce que l’un des deux arrive. Les médecins, de son côté, doivent s’habituer à travailler avec très peu d’outils.

Face à la question de si une expérience en médecine du sport extrême peut leur apporter des acquis applicables à leur pratique quotidienne, les deux affirment que oui : « Bien sûr. Je participe à cette course parce que j’adore la médecine d’urgences et l’appliquer dans tous les environnements possibles. Dans cet environnement, en plus, le critère clinique doit être appliqué beaucoup plus, ce qui permet d’apprendre à improviser », déclare le Dr. SOTERAS. « Gestion de ressources » ajoute M. CARALT.